? ? ? ; Tiens c'est à toi non ?
Je me retourne et vois Bill avec mon sac à sa main. Je lui arrache littéralement.
Moi ; Qui t'as permis de me le prendre ?
Bill ; Tu as bien pris mon porte feuille ! Je nous considère comme quitte !
Son regard s'attarde sur ma main que j'ai bandé soigneusement. Je pars.
Moi (sèche); Très bien alors au revoir !
Je pars en courant. Je me dirige vers la salle de français. Les cours passent comme d'habitude je n'écoute pas. J'ai affreusement mal au dos. Je n'y prête plus attention. J'essaie de me concentrer sur l'histoire mais je n'y arrive pas. Je me souviens avec ma mère et mon père comme avant.
Trois personnes sont assises près d'une cheminée et se racontent leur journée passée. Un homme grand, châtain, fait rire une petite fille blonde avec des blagues amusantes et des grimaces. Ils sont si heureux. Comment imaginer que dans sept ans toutes ses personnes se seront séparées et qu'elle seront toutes malheureuses ? L'homme aura tout quitter, la femme se droguera et la petite fille sera battue. Mais pour l'instant aucune de ces personne ne le sait. Ils profitent de l'instant présent et se réjouissent de la présence d'autrui.
La sonnerie retentit et je m'échappe de cette classe étouffante. Je sors et pars de ce lycée infernal. Je m'arrête devant un lac. Il n'y a que quelques canards et des cygnes. Aucune trace d'êtres humains. Je m'approche et m'assois. C'est si calme. Je me sens bien. Je reste ici toute l'après-midi. Je finis par rentrer. Frank n'a pas l'air de bonne humeur. Je pose mon sac et il vient dans ma chambre armé d'une ceinture. Il s'approche de moi. Je commence à gémir malgré moi. Il ne le supporte pas et me frappe avec sa ceinture. Je me tapi contre le mur mais rien à faire. Je reçois des coups les uns après les autres. Il se défoule.
Frank ; Tu n'es qu'une sale p*te ! Espèce de sal*pe !
Au bout de une heure de torture il sort avec un sourire. J'ai mal partout. Je reste allongé comme ça pendant un long moment le temps de laisser le temps à mon corps de réagir. Je me traîne jusque dans ma salle de bain et me nettoie mes plaies. Demain je n'irais pas au lycée. J'ai trop de marques. Si quelqu'un le voyait, il me dénoncerait. Et je ne veux pas. Frank serait capable de tuer ma mère et moi par la même occasion. Je suis dans une impasse. Je vais doucement vers la fenêtre et regarde. Je regarde le ciel étoilé. Il est si beau et si inaccessible. Je regarde toutes ces étoiles. Peut-être que l'une d'elle veille sur moi ? J'en doute beaucoup. Une larme roule sur ma joue et je m'empresse de l'essuyer. Je vais doucement vers mon lit et m'endors.
Le lendemain, je me réveille vers 9h00. Je m'habille et descend déjeuner. Frank n'est pas là. J'ai encore des marques le long des bras. Je prend un balai et commence à nettoyer le sol jonché de saletés et de cartons de pizzas. Au bout de quelques heures la maison est propre. Je me glisse dans la chambre de me mère. Elle est assise et elle a un plateau à coté d'elle. Elle me regarde et j'entre doucement. On s'observe un long moment et je m'assois à coté d'elle. Elle me caresse le visage comme si cela faisait des années que l'on ne s'était pas vues.
Ma mère ; Bridget... Ma petite fille... Ma Bridget...
Je pose ma têt sur ces genoux et m'allonge sur le lit. Je reste un moment comme ça. Ma mère me caresse les cheveux. J'entends la porte d'entrée et me relève précipitamment. Je pars de la chambre en lançant un dernier regard à ma mère. Je ferme la porte derrière moi et fais semblant de nettoyer quelque chose. Frank arrive derrière moi et me tire par le bras de façon à ce que je me retrouve face à lui.
Frank ; Va chercher à bouffer ! y a plus rien dans le frigo !
Moi ; D'accord.
Je prend une veste longue qui recouvre mes bras et un peu d'argent. Je vais à l'épicerie du coin et achète à manger. Je paie et sort. Je reviens et range les affaires. Je rentre dans ma chambre et remet de l'ordre. J'ai soudain très envie de faire un tour dehors. Je prend mon sac et sort. Je vais dans le parc et regarde tout ces gens heureux autour de moi. Je me repose au soleil. Je me lève et me dirige vers une boutique de vêtement. Cela fait six mois que je n'y est pas mit les pieds. Je m'achète un maillot à manche longue noir et une pantalon noir également. Je ne m'achète rien de court. On pourrait voir mes coups. Je paie et sort. Je marche un peu partout près d'un lac. Je réfléchis à la vie que je pourrais avoir. Sans Frank. Une vie meilleure. Une vie tout court. Le soleil se couche et je me dépêche de rentrer. Je mange un morceau et vais me coucher.