Musique Aujourd'hui, un membre de l'hôtel m'apporte une lettre. Intriguée, je l'ouvre.
Mlle Scharwz,
Votre candidature nous ait parvenu et avec la décision de l'administration et de l'institut pédagogique, nous vous acceptons dans l'académie des Arts et des Lettres de Berlin.
Ci-joint un formulaire à remplir.
Avec nos sincères félicitations,
La directrice.
Je n'en cois pas mes yeux. Je saute en l'air, heureuse. Aussitôt, je me précipite hors de ma chambre essayant de trouver Bill. Je m'arrête à une fenêtre, le voyant dehors, entouré de fans. Il signe des autographes, plus souriant que jamais. Ses fans sont épanouies.
Mon sourire s'évanouit. Je ne ressens aucune jalousie, aucune possessivité. Seulement de la tristesse. Oui, je crois que c'est ça. Tristesse.
Tristesse de ne pas pouvoir partager cette bonne nouvelle avec lui.
Tristesse de voir que je ne pourrais jamais compter sur lui totalement.
Désemparée, je rentre dans ma chambre. Je lève la tête voyant une photo de grand-mère et de moi, au parc. Partir à Berlin, c'est l'abandonner. Ai-je le droit de lui faire ça ? Elle m'a accueillit chez elle, elle a assurer ma responsabilité et je devrais m'en aller comme seul remerciement.
Partir à Berlin veut aussi dire abandonner Sophia. Elle m'a tant aidé. Je n'ai pas le droit de lui faire ça.
Mais le pire, est que si je vais à Berlin, je ne pourrais plus suivre Bill sur ses tournées. Les seuls fois ou il rentrera chez lui, ce ne sera pas à Berlin. Je le verrais encore moins que maintenant.
Je fixe cette lettre. Je dois faire un choix. La raison me dicte de rester auprès de ma meilleure amie, de rester après de Bill et de grand-mère. Et mon c½ur de partir vers l'inconnu, d'aller vers l'avenir. La raison ou le c½ur ?
Je prend la lettre et en fait une boulette de papier. Je la lance dans la poubelle et manque de peu mon but. Je hausse les épaules et m'allonge sur mon lit. Je sombre délicatement dans le pays des rêves.
Je sens quelque chose de chaud sur ma bouche. Mon cerveau, encore embué de sommeil, a du mal a détecté ce que c'est. Soudain je reconnais ses lèvres. Il continue à déposer des baisers sur mes lèvres. Sans ouvrir les yeux, je met mes deux mains derrière sa nuque et presse un peu plus ses lèvres contre les miennes. J'ouvre mes yeux et le découvre sans surprise. Je sourie.
Bill ; Bien dormi mon amour ?
Moi ; J'ai surtout adoré le réveil.
Bill ; Il y en aura certainement beaucoup d'autres comme ça.
Je l'embrasse encore quelques instants puis il s'interrompt. Il me montre ma feuille d'inscription.
Bill ; Mon amour, ne crois pas que je fouille dans tes affaires, mais qu'est ce que c'est ?
Je sais, qu'au fond, il savait pertinemment ce que c'était. Mais il a assez de délicatesse pour me demander des explications avant de dire quoique ce soit.
Moi ; C'est une réponse à ma candidature de l'université des Arts et des Lettres de Berlin.
Bill ; Et ?
Moi ; Et j'ai été accepté.
Bill ; Oua ! C'est formidable ! C'est merveilleux ! C'est...
Moi ; Mais je n'irais pas.
Bill ; Pourquoi ?
Il s'est arrêté net. Je me relève à genoux face à lui. Je prend sa main dans la mienne.
Moi ; Si je pars, ce sera à Berlin. Et je ne suis pas prête à laisser grand-mère, Sophia et toi.
Bill ; Mais c'est une prestigieuse école !
Moi ; Mais elle ne représente rien pour moi. Quand j'ai reçu la lettre, j'ai été contente c'est vrai parce qu'enfin on m'avait accepté dans un endroit sans me voir et sans se faire des préjugés. Mais au fond, je crois que me séparer de toi pendant un an, ne me fera nullement avancé dans mon avenir.
Bill ; Mais tu vas y étudier la littérature ! Tu m'as toujours dit que tu adorais lire et que...
Moi ; Mais être loin de toi me rendra malheureuse. Et aucun auteur n'a eu de succès en étant malheureux.
Bill ; Bridget, je sais que l'on ne se voit pas beaucoup et ça me touche beaucoup plus que tu ne le crois. Je sais qu'être ici ne te rend pas heureuse. Mais, en refusant cette place, j'aurais le sentiment de t'avoir enchaîné à moi.
Moi ; Mais ce serait terriblement égoïste envers Grand-mère et Sophia !
Bill ; Je pense que au contraire, pendant toutes ses années tu n'as pas été assez égoïste. Tu as toujours pensé à la réaction autour de toi, avant de penser aux autres ! Bridget, je t'aime trop pour te laisser gâcher ton avenir.
Moi ; Mais mon avenir, je le vois avec toi.
Bill ; Moi aussi, Bridget, moi aussi. Mais tu ne seras pas malheureuse sans moi puisque je serais là.
Il prend ma main et la pose délicatement sur mon c½ur.
Bill ; Et toi, tu seras là.
Il met ma main sur son c½ur à lui.
Bill ; Alors, va dans cette école Bridget. Même si la distance nous sépare et même si les sentiments sont douloureux, je t'attendrais. Je t'attendrais toute ma vie s'il le faut. Et lorsque tu commenceras à douter, pense à nous. Pense à nous et à cette promesse. Et je t'aimerais toujours. « L'amour n'est pas l'amour, qui varie en trouvant que son objet varie. »
Moi (murmurant) ; Shakespeare.
Bill ; Exact. Et je pense qu'il avait tout compris. Parce que je ressens pour toi, le véritable amour. Celui qui ne change pas. Et lorsque je te vois, Bridget, et que mon c½ur se met à battre plus fort, que mes soucis s'envolent et que tout me semble merveilleux, l'espoir en moi renaît. Parce que je me dis que avoir trouvé l'âme s½ur est la chose la plus fabuleuse de ma vie. Tu es la chose la plus fabuleuse qui me soit arrivé. Et que tu partes à Berlin, à Moscou ou à Pékin ne changera rien. Je t'aime. Et il n'y a que ça qui compte.
Les sanglots m'oppressent la gorge. Les larmes pointent aux coins de mes yeux.
Moi ; Je t'aime.
Et je l'embrasse. Tout doucement, il me penche en arrière jusqu'à que je sois, allongée, lui dessus moi. Et les larmes coulent. Ils les essuient sachant bien que ce ne sont que des larmes de bonheur.
Je venais de prendre l'une des plus grandes décisions de ma vie.
*
J'espère que ce chapitre vous plait et que je ne vous déçois pas trop...
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Bisous
Marine.*